Vente et paiement
Micro-importation en Algérie en 2026 : conditions, plafond de 1,8 million de DA et taxes
Qui peut faire de la micro-importation, le plafond de 1 800 000 DA par voyage, les 5 % de droits de douane et l'IFU de 0,5 %, les démarches auprès de l'ANAE et les règles pour revendre. D'après le décret 25-170 et la loi de finances 2026.
La micro-importation permet à un auto-entrepreneur algérien qui réside en Algérie de rapporter de ses voyages des marchandises pour les revendre en l'état. Le décret exécutif 25-170 du 28 juin 2025 plafonne chaque voyage à 1 800 000 DA de marchandises, avec deux voyages par mois au plus. Les marchandises paient 5 % de droits de douane, sans TVA ni autres taxes à l'importation, plus un impôt forfaitaire unique de 0,5 % réglé à la douane à chaque opération (loi de finances 2026, article 143). Il faut une carte d'auto-entrepreneur portant l'activité « micro-importation », une affiliation à la CASNOS, un compte en devises à la BEA et une autorisation générale du ministère du commerce extérieur.
En bref
- Plafond : 1 800 000 DA de marchandises par voyage, deux voyages par mois au plus. L'allocation touristique ne compte pas dans ce montant.
- Taxes : 5 % de droits de douane et un IFU de 0,5 %, payés à la douane à chaque opération. La TVA ne s'applique pas.
- Conditions : nationalité algérienne, résidence en Algérie, aucune autre activité rémunérée, CASNOS, compte en devises à la BEA.
- Avant chaque voyage, les marchandises se déclarent sur la plateforme numérique. À la revente, chaque article porte une étiquette et chaque vente un bon de livraison.
Ce que la loi appelle micro-importation
Le décret exécutif n° 25-170 du 28 juin 2025, publié au Journal officiel n° 40 du 29 juin 2025, définit l'activité à son article 2. Ce sont des achats faits à titre individuel, lors de déplacements à l'étranger, pour revendre en l'état des quantités limitées de marchandises. La valeur ne dépasse pas 1 800 000 DA par déplacement, avec deux déplacements par mois au maximum. L'allocation touristique annuelle ne s'ajoute pas à ce plafond.
Seule une personne physique qui a le statut d'auto-entrepreneur peut exercer cette activité, et elle l'exerce elle-même (article 3). Le décret lui accorde quatre avantages à l'article 4 : une comptabilité simplifiée sur un registre coté et paraphé par les impôts, aucune inscription au registre du commerce, aucune autorisation d'importation préalable, et un droit de douane de 5 %.
Les conditions pour devenir micro-importateur
L'article 5 du décret pose cinq conditions. Les articles 6 et 11 ajoutent deux documents.
- Avoir l'âge légal du travail.
- Être de nationalité algérienne et résider en Algérie. Un étranger peut être auto-entrepreneur, mais il ne peut pas exercer cette activité.
- N'exercer aucune autre activité rémunérée : ni salariat, ni commerce, ni profession libérale. L'activité met aussi fin à l'allocation chômage.
- Cotiser à la CASNOS, la caisse de sécurité sociale des non-salariés.
- Avoir un compte en devises à la Banque extérieure d'Algérie. L'article 7 précise que le micro-importateur finance ses achats avec ses propres devises.
- Détenir une carte d'auto-entrepreneur valide portant l'activité « micro-importation », délivrée par l'Agence nationale de l'auto-entrepreneur (ANAE).
- Obtenir l'autorisation générale du ministère chargé du commerce extérieur. Le ministère la délivre en cinq jours ouvrables. Elle vaut un an, se renouvelle et ne se cède pas (article 12).
Les droits et taxes à payer
L'article 143 de la loi de finances 2026 (Journal officiel n° 88 du 31 décembre 2025) fixe la fiscalité. Il s'applique depuis le 28 juin 2025, date du décret.
Chaque importation paie 5 % de droits de douane. Elle ne paie ni TVA, ni redevances douanières, ni les autres droits et taxes à l'importation, contribution de solidarité et droit additionnel provisoire de sauvegarde compris. Le dédouanement se fait sur une déclaration en douane simplifiée.
S'y ajoute, à chaque opération, l'impôt forfaitaire unique (IFU) au taux de 0,5 %. Il est libératoire et se paie aux services des douanes au moment de la mise à la consommation. Sa base est la valeur en douane, augmentée des droits de douane et d'une marge forfaitaire de 30 %.
Le texte ne précise pas si la marge de 30 % se calcule sur la valeur en douane seule ou sur la valeur augmentée des droits. L'exemple ci-dessous applique les 30 % à la valeur augmentée des droits. Avec l'autre lecture, l'IFU tombe à 6 750 DA.
| Exemple pour un voyage | Montant |
|---|---|
| Valeur en douane des marchandises | 1 000 000 DA |
| Droits de douane, 5 % | 50 000 DA |
| Base de l'IFU : (1 000 000 + 50 000) × 1,30 | 1 365 000 DA |
| IFU, 0,5 % de la base | 6 825 DA |
| Total payé à la douane | 56 825 DA |
Les marchandises exclues
L'article 9 du décret exclut cinq catégories. L'ANAE publie une liste plus détaillée sur son site, qui cite notamment les armes, les drones, les produits chimiques et les dispositifs médicaux.
- Les marchandises prohibées et les produits sensibles.
- Les équipements sensibles du décret exécutif 09-410 du 10 décembre 2009.
- Les produits pharmaceutiques.
- Les marchandises dont l'importation demande une autorisation spéciale.
- Les marchandises qui portent atteinte à la sécurité, à l'ordre public ou à la morale.
Les démarches, dans l'ordre
L'article 6 ajoute une règle de date : au jour de l'importation, il doit rester aux produits plus de la moitié de leur durée de consommation.
- Inscrivez-vous au registre national de l'auto-entrepreneur sur le site de l'ANAE, en choisissant l'activité « micro-importation » (décret 25-170, article 10).
- Dans les 30 jours qui suivent la carte, déposez votre déclaration d'existence aux impôts et affiliez-vous à la CASNOS (loi 22-23, articles 10 et 11).
- Ouvrez un compte en devises à la BEA si vous n'en avez pas.
- Demandez l'autorisation générale. Le guide de l'ANAE indique que la demande passe par votre espace sur son site.
- Avant chaque voyage, déclarez toutes les marchandises du voyage sur la plateforme numérique du ministère chargé des start-up, reliée aux douanes (article 13).
- Au retour, présentez les marchandises à la douane, payez les 5 % et l'IFU de 0,5 %.
Revendre : étiquettes, bons de livraison et registre
Les marchandises se revendent en l'état. L'article 14 demande une étiquette sur chaque article avec le nom, le prénom et l'adresse du micro-importateur, la désignation de la marchandise et son pays d'origine ou de provenance. Chaque vente a son bon de livraison simplifié, qui reprend ces mentions et indique la quantité, le poids ou le volume.
La comptabilité tient sur le registre coté et paraphé par les impôts. Avec deux voyages par mois et des dizaines d'articles, un tableau simple aide à suivre les achats de chaque voyage, le stock restant et les ventes avec leur bon de livraison.
Les sanctions
L'article 8 interdit tout dépassement du plafond. Le texte prévoit aussi, à son article 15, la radiation du registre de l'auto-entrepreneur dans cinq cas : non-respect des règles de protection du consommateur ou de sécurité nationale, refus de la déclaration préalable, fausse déclaration sur la marchandise, usage de la carte à d'autres fins, et toute autre infraction au décret.
Le guide de l'ANAE décrit le traitement en douane. Au-delà du plafond, l'excédent est saisi. Une marchandise interdite entraîne une procédure douanière, la radiation et l'annulation de la carte.
Questions fréquentes
Les réponses courtes
Quel est le plafond de la micro-importation en Algérie ?
1 800 000 DA de marchandises par voyage, avec deux voyages par mois au maximum (décret exécutif 25-170, article 2). L'allocation touristique annuelle ne compte pas dans ce montant, et tout dépassement est interdit.
Quelles taxes paie un micro-importateur ?
5 % de droits de douane, sans TVA ni autres droits et taxes à l'importation, plus un impôt forfaitaire unique de 0,5 % libératoire calculé sur la valeur en douane augmentée des droits et d'une marge de 30 %. Les deux se paient à la douane (loi de finances 2026, article 143).
Un salarié peut-il faire de la micro-importation ?
Non. L'article 5 du décret 25-170 exige de n'exercer aucune autre activité rémunérée, salariée, commerciale ou libérale.
Faut-il un registre du commerce pour la micro-importation ?
Non. Le décret dispense le micro-importateur du registre du commerce et des autorisations d'importation préalables. Il lui faut la carte d'auto-entrepreneur de l'ANAE et l'autorisation générale du ministère du commerce extérieur.
Sindan Solutions peut-elle aider à suivre le stock et les ventes ?
Sindan Solutions conçoit des logiciels de stock et de vente pour les commerces algériens. Pour un micro-importateur, cela veut dire suivre chaque voyage, le stock restant et les bons de livraison. Écrivez à hello@sindansolutions.com ou appelez le +213 549 08 91 42.